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L’apprentissage

" Première leçon, dirait Gilles. Découverte de l'équilibre. Le corps bien droit. Tu lèves le bras droit. Contre ta tête. Très bien. Tu penches ensuite le corps légèrement en avant, en soulevant peu à peu la jambe droite. Le bras droit suit le mouvement du corps. La paume de la main s'ouvre. Tu ne bouges plus. Tu es un oiseau prêt à s'envoler de la branche d'un arbre. Et tu es aussi l'arbre... " lricha fermerait les yeux pour mieux voir l'oiseau et l'arbre. Elle sentirait son corps vaciller.

"  Tu vas tomber ! Tu tombes… " Gilles la rattraperait de justesse.

" Il ne faut pas fermer les yeux, quand on recherche son équilibre, Sinon, on tombe… "

Mais c’est plus facile d’imaginer lorsqu’on ferme les yeux . C’est comme un rêve…

" Si tu veux être funambule, il faut apprendre à rêver les yeux ouverts, dirait Gilles. " Je veux apprendre ! 

" Deuxième leçon , dirait Gilles. Tu poses ton pied droit sur ton genou gauche. Tu lèves les bras, lentement. Maintenant, l’oiseau d’est envolé. Il n’y a plus que l’arbre…Tes pieds s’enfoncent dans le sol. Ta tête monte vers le ciel. Tu es cet arbre… "

Iricha se sentirait légère tout à coup.

" Ne ferme pas les yeux. Regarde droit devant toi. Il faut être patiente. " Je serai patiente. Je t’attendrai. avec toi, j’ai appris à rêver autrement.

" Troisième leçon. Donne-moi la main. Saute sur le fil. Mets tes bras en balancier. Avance lentement. Et ne regarde pas où tu mets les pieds. Tes pieds doivent marcher tout seuls… "

Bientôt, Gilles partirait. "  Je reviendrai. Donne-moi ta main. " Quand je saurai marcher sur ce fil, comme toi, je m’élancerai à ta rencontre. Nous nous retrouverons….

 

L’épilogue 

8 juillet, le soir.

Je lui ai dit :  " Tu pars ? "

Il a pris mon visage entre ses mains. Ses lèvres ont effleuré les miennes.

Je lui ai demandé dans un souffle : "  Tu reviendras ? "

Il a dit : "  Plus tard…Bientôt…Demain… "

Nous sommes restés immobiles. La nuit est en train de naître. La- bas, tout près de nous, très loin de nous, les vagues chuchotaient des mots d’amour à la terre. 
Il a dit encore :  "  Un jour, tu partiras avec moi ? "

J’ai dit : " Demain…Bientôt…Plus tard… "

Il a souri. Et dans l’obscurité naissante de la nuit, la lune s’est levée, enfin resplendissante.

Une vraie lune d’amoureux…